Paldiski, Estonie — Greenpeace salue la décision du ministre estonien de la Justice d’ouvrir une enquête sur Probo Koala et d’ordonner l’immobilisation du navire le temps de l’investigation. L’association annonce la fin du blocage du navire qui aura duré trois jours. « C’est une excellente nouvelle pour le peuple ivoirien et pour l’environnement », affirme Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace.
«
Une enquête internationale poussée, l'immobilisation du navire ainsi que la saisie et l'analyse de ses documents de bord vont sans doute permettre d'établir la chaîne complète des responsabilités qui ont entraîné en Côte d'Ivoire une véritable catastrophe écologique et sanitaire, reprend Yannick Vicaire.
Pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise, il faut que toutes les responsabilités soient établies, les coupables jugés et les insuffisances des réglementations internationales et de leur application clairement identifiées. »
Selon les résultats des analyses préliminaires effectuées par les autorités estoniennes sur le
Probo Koala, les résidus du nettoyage des réservoirs de carburant du navire présentent de fortes similitudes avec les déchets toxiques qui ont été déversés sur Abidjan il y a un mois environ.
Dans la matinée du 27 septembre, la Côte d'Ivoire est venue appuyer Greenpeace dans son action : le ministre ivoirien de l'Environnement a officiellement demandé à son homologue estonien de «
bien vouloir ordonner la détention du bateau Probo Koala pour nécessité d'enquête » et prendre toutes les dispositions «
pour maintenir ce navire au port de Paldiski ». «
Il semble que c'est le signal que l'Estonie attendait depuis hier pour agir », reprend Yannick Vicaire.
Depuis lundi 25 septembre, les militants de Greenpeace, à bord de l'
Acrtic Sunrise et de trois zodiacs, s'étaient postés dans le port de Paldiski de sorte à empêcher toute manœuvre et tout départ du
Probo Koala. L'association s'était scandalisée que le
Probo Koala continue sa route et ses activités sans être inquiété, trois semaines après avoir déversé plus de 500 tonnes de déchets toxiques à Abidjan, provoquant la mort de huit personnes et l'intoxication de milliers d'autres. «
Le Probo Koala
constitue une pièce à conviction essentielle dans l'affaire des déchets toxiques d'Abidjan », conclut Yannick Vicaire. Pour Greenpeace, ce navire détient à son bord des documents susceptibles de faire avancer l'enquête en cours en Côte d'Ivoire, ainsi que celles ouvertes aux Pays-Bas, qui en juillet ont laissé partir le navire pour l'Afrique.