Il s’agit du riz OGM LL601, fabriqué par la société Bayer et qui contient un gène de résistance à un herbicide. Sa commercialisation n’est aujourd’hui autorisée nulle part dans le monde, ni aux Etats-Unis, ni en Europe. Le 18 août dernier, les autorités américaines annonçaient avoir détecté ce riz transgénique dans leurs stocks de riz long grain. L’Union européenne (UE), qui a importé 198 000 tonnes de riz provenant des Etats-Unis en 2005, avait réagi en exigeant que le riz importé des Etats-Unis soit certifié sans OGM. Une cargaison contenant du riz contaminé a ainsi été bloquée à Rotterdam.
Considérant comme très probable que des cargaisons de riz contaminé aient atteint des pays de l’UE avant la mise en place de cette certification, Greenpeace avait également demandé à l’UE de procéder au rappel immédiat de tous les produits présents dans les rayons des magasins européens et contenant du riz américain. Aucune mesure n’avait été prise en ce sens. Or le 12 septembre, la Commission européenne a affirmé que 20 % des échantillons de produits qu’elle a elle-même soumis à des tests ont révélé la présence de la variété LL601.
« Avec ces dernières révélations, il est encore plus urgent de retirer des circuits de commercialisation européens tous les produits contenant du riz américain, afin de vérifier s’ils sont contaminés ou non par le riz transgénique de Bayer, affirme Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. Il est impensable que les citoyens européens et français soient amenés à consommer à un produit totalement illégal. Ni les autorités publiques, ni les distributeurs ne peuvent plus fermer les yeux. »
Cette affaire survient après un autre scandale de contamination du riz en Europe soulevé par Greenpeace (voir
communiqué de presse du 5 septembre). Il y a dix jours, Greenpeace révélait avoir découvert dans les rayons des magasins d’alimentation asiatiques d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de France, six produits contaminés par du riz transgénique chinois. Pour la France, c’est dans des nouilles de riz commercialisées par la société Tang Frères que l’OGM illégal avait été détecté. Ce riz transgénique n’est autorisé ni à la culture, ni à la consommation nulle part dans le monde, ni en Chine, ni en Europe. Génétiquement manipulé pour résister à certains parasites, cet OGM produit une protéine qui pourrait provoquer des allergies. En France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a procédé à des tests qui ont confirmé la présence de cet OGM.
« Ces deux exemples démontrent la même chose, conclut Arnaud Apoteker. Aujourd’hui, dans le monde, un petit nombre de scientifiques et d’industriels pro-OGM sont près à contaminer le riz, denrée à la base de l’alimentation de la moitié de la population mondiale, avec un produit illégal et potentiellement dangereux pour la santé. »